Place au cercle vertueux de l’économie circulaire !


arnaud-rollandArnaud Rolland

Responsable Développement Durable
chez Coca-Cola Entreprise

Nous rentrons dans une nouvelle ère où les matières premières sont de plus en plus chères, car de plus en plus rares. Les industriels ont donc tout intérêt à optimiser les matériaux utilisés pour fabriquer leurs emballages, à s’engager sur la réduction à la source et leur réutilisation plutôt que d’acheter toujours de nouvelles matières premières ! Il s’agit à la fois d’un objectif environnemental et économique. C’est une vraie tendance de fond.

Les matériaux recyclés sont clairement des matériaux d’avenir. Nous avons là une mine d’or à exploiter. Développons donc les filières et sensibilisons le grand public ! C’est ce que l’on appelle l’économie circulaire. Face à une raréfaction des ressources, il faut plus que jamais réutiliser celles que l’on détient, et investir dans la recherche de nouveaux matériaux qui nous permettent de nous passer des ressources non renouvelables. A l’instar du plastique d’origine végétale de deuxième génération qui représente une solution d’avenir pour la fabrication des emballages.

Réduire l’empreinte carbone des emballages

Chez Coca-Cola, nous nous sommes fixés comme objectif de réduire d’un tiers l’empreinte carbone de toutes nos boissons d’ici à 2020 au niveau européen. Nous travaillons sur tout le cycle de vie de nos produits en agissant sur six domaines d’action : les ingrédients, les emballages, la production dans nos usines, le transport de nos produits, leur réfrigération, et la fin de vie. L’étape de production des emballages représente à elle seule 47% de notre empreinte carbone globale !

Pour atteindre cet objectif, la première étape consiste à travailler sur la réduction à la source. La production des emballages est fortement liée à l’extraction et à la transformation des matières premières. On souhaite donc utiliser 25% de matériaux non renouvelables en moins dans notre chaîne d’emballage d’ici à 2020, pour produire la même quantité.

Travailler en partenariat étroit avec ses fournisseurs mais aussi avec les distributeurs

Dernièrement, nous avons ainsi décidé de supprimer une sous-couche en carton lors de la livraison de nos produits, et, de ce fait, nous avons trouvé un nouveau système qui ne nuit pas à la résistance du produit. Nous avons mené des tests sur plusieurs mois, et avons adapté, dans certains cas, nos lignes de production. Nous travaillons aussi à la réduction des films plastique entourant nos packs, et sur l’épaisseur des étiquettes.

Avec notre principal fournisseur de canettes, Ball Packaging, nous sommes en train de tester la canette du futur, la plus légère du marché. Leurs équipes industrielles et les nôtres travaillent pour trouver, sous deux à trois ans, des feuilles d’aluminium qui soient les plus fines possibles.

Il s’agit bien d’impliquer toute la chaîne de production pour inventer en permanence de nouvelles machines et de nouvelles technologies afin de répondre à tous ces points stratégiques et de s’assurer que l’on gagne en productivité, en efficacité et en sécurité, tout en atteignant nos objectifs de réduction d’emballage. Car il n’est pas question de sacrifier la qualité !

Maximiser les ressources renouvelables pour produire la bouteille de demain

Deuxième axe : réduire l’impact carbone, notamment des bouteilles plastiques, et utiliser des ressources renouvelables pour produire les emballages. La PlantBottleTM est la 1ère solution alternative pour fabriquer du plastique non pas à partir de pétrole, mais à partir de végétaux. Cette technologie existe depuis 2009 aux Etats-Unis et en Europe de l’Ouest depuis 2011. En 2010, la production mondiale de 2,5 milliards d’emballages Plantbottle TM a permis d’économiser l’équivalent de 60 000 barils de pétrole entrant dans la fabrication des bouteilles en plastique PET. Nous l’avons lancée en France fin 2011 sur nos bouteilles 50cl. Ces dernières contiennent jusqu’à 22,5% de plastique d’origine végétale. Dans le procédé de fabrication, pour obtenir la molécule de plastique PET, on utilise du bioéthanol issu de cannes à sucre.

Mais d’ici 5 à 10 ans, notre objectif final est de trouver une solution technologique et industrielle permettant de produire des bouteilles plastique avec 100% de résidus végétaux.
Aux Etats-Unis, Coca-Cola Company s’est associée avec d’autres grandes entreprises, comme Ford, Procter & Gamble, ou encore Heinz, pour concevoir la bouteille de demain. Trois partenariats ont également été signés avec des start-up à la pointe sur le développement de plastique de deuxième génération. L’objectif ultime est de déconnecter la production du plastique des ressources fossiles.

Utiliser plus de matériaux recyclés

La troisième voie d’avenir repose sur l’utilisation de matériaux recyclés. Coca-Cola Entreprise est la première entreprise de l’agroalimentaire à investir directement dans la filière industrielle et la recherche et le développement en matière de recyclage : nous avons investi 6,5 millions d’euros dans une Joint-Venture avec APPE, leader en France du PET recyclé, pour augmenter le taux de recyclage des bouteilles plastiques en France.
Coca-Cola Entreprise a mené le même type de projet en Angleterre avec la création de Continuun Recycling, une co-entreprise avec Eco Plastics, le leader anglais du plastique PET recyclé à usage alimentaire. Cet investissement va augmenter de 70% la capacité de l’usine de Sainte-Marie-la-Blanche. Le projet vise aussi à améliorer les technologies de recyclage du plastique en France.

Si les bouteilles plastiques sont recyclables, la majeure partie de ce gisement est recyclée pour des applications textiles, pour concevoir des fibres dans le bâtiment ou des tableaux de bord de voitures. Ici, il s’agit d’une technologie de pointe pour l’alimentaire, autorisée depuis seulement 2007 en France.

C’est encore une jeune industrie. Investir dans cette filière permet à la fois de la développer, de la pérenniser et d’innover avec de nouvelles machines.

Car si l’utilisation de PET recyclé n’influe pas sur les chaînes de production de nos usines d’embouteillage, en revanche, elle modifie le process de fabrication des préformes. La préforme de nos bouteilles de 50 cl est composée de plastique recyclé (à 25%), de plastique végétal (22,5%) et de plastique vierge. Soit trois sources différentes de molécules de plastique qui viennent de trois procédés de fabrication différents pour faire une seule préforme qui donnera une seule bouteille !

Dernier point important : sensibiliser le grand public à l’importance du tri. C’est ce que nous faisons dans les festivals de musique par exemple auprès des jeunes.
C’est ce que nous allons faire avec notre projet d’un centre éducatif au sein de notre Joint Venture à Beaune. Nous devons tous être partie prenante de ce défi éminemment collectif. C’est pourquoi Coca-Cola est engagé au niveau mondial sur la réduction de l’impact environnemental de ses emballages. Cette stratégie se décline localement dans tous les pays avec des objectifs et des investissements adaptés aux marchés nationaux.

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